Macédoine Situation

Macédoine – Situation 4. Le 17.03.2017

Bas les masques ! Bas les pattes[1] !

 

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Manifestation de l’initiative citoyenne « Pour une Macédoine unie » à Skopje[2]

 

L’initiative citoyenne « Pour une Macédoine unie », au 15e jour d’existence [13.03.2017], organisait une manifestation à Skopje, dans laquelle ont été répétés les slogans pour une Macédoine unitaire contre le bilinguisme[3] et pour le rejet de la « Plateforme de Tirana »[4].

 

Les citoyens de la manifestation d’aujourd’hui portaient des masques dans leurs mains pour symboliser le jeu du chef du SDSM, Zoran Zaev qui, selon eux, porte un masque, et par la petite porte veut introduire la Plateforme de Tirana, avec laquelle est prévue la destruction et la redéfinition de la République de Macédoine.

 

– Aucun masque de Zoran Zaev, dans la lutte acharnée pour le pouvoir, ne trompera les citoyens. Tous les électeurs du SDSM ne sont pas comme leur chef, qui perché sur la plateforme pour la destruction de la Macédoine veut diriger le pays. Nombreux parmi eux sont des patriotes qui aiment la Macédoine, tout comme nous tous, et ils sont de plus en plus nombreux. Chaque jour, ils voient mieux ce qui se passe et le scénario s’éclaire. Ils ne soutiennent pas le plan antiétatique de Zaev et de ses « Compagnons », a déclaré Bogdan Ilievski.

 

Il a souligné que personne n’est autorisé à penser que les Albanais ou la majorité des Albanais sont des Zijadin Sela[5] ou des Mesila Doda[6]. Personne n’est en droit de penser, dit-il, que tous les Bulgares sont comme les députés [bulgares] Dzambaski ou Kovachev, qui ont décidé d’effacer la minorité macédonienne en Albanie[7] et personne n’est en droit de penser que tous les Serbes pensent comme les politiciens de la Serbie qui appellent notre pays ARYM.

 

– Ce n’est pas ainsi et tous nous le savons bien. Nous sommes ici contre la haine, pour une Macédoine unie. Mais, chacun a une responsabilité face à ces moments historiques, chacun de nous doit identifier les personnes irresponsables et leurs folles déclarations, afin de les condamner et de se démarquer d’elles. Chacun, indépendamment de son appartenance politique ou ethnique, a la responsabilité de s’opposer aux divisions politiques, politiques qui n’ont jamais apporté le bien dans les Balkans, a déclaré le membre de l’Initiative citoyenne Ilievski Bogdan.

 

Chacun, dit-il, doit le faire sans peur, parce que, comme il l’a souligné, il est passé le temps des intimidations, il est passé le temps des méthodes violentes.

 

‑ Ici vit une nation fière, une nation forte, une nation déterminée, qui, l’échine redressée, dit : « Certaines questions ne méritent aucun débat », mais une réponse claire et forte : NON aux plateformes qui détruisent le pays, OUI à une plateforme macédonienne qui défendra les intérêts de tous les citoyens de la Macédoine, NON à la fédéralisation et à l’état binational, OUI pour une Macédoine comme bien commun de tous les citoyens qui vivent dans ce pays. Assez de mensonges, vous ne passerez pas, vous ne passerez pas la ligne rouge‑jaune[8], dit Ilievski.

 

L’acteur Zoran Ljutkov a lancé un appel à tous les partis politiques et à tous les politiciens qui déploient une rhétorique acerbe contre la Macédoine, s’ils aiment tant la Macédoine qu’ils abandonnent l’idée de lui maquiller le visage. – Elle a ses propres couleurs et symboles, elle est belle telle qu’elle est, est nôtre et à nous tous, dit-il.

 

Ni moi, dit Ljutkov, ni aucun d’entre vous, je crois, n’a rien contre les Albanais vivant en Macédoine. – Ils font partie de notre histoire et de notre avenir, comme toutes les autres minorités, si nous voulons vivre dans une Macédoine florissante et prospère, nous devrions avoir des revendications raisonnables. Luttons pour un seul but – Une Macédoine unie, a ajouté Ljutkov.

 

Le professeur Nikita Shekutkovski, de la faculté des sciences et mathématiques de l’Université de Skopje, a précisé qu’il n’avait jamais envisagé de s’occuper de politique, mais quand toutes les lignes sont franchies, excepté la rouge-jaune, il est impossible d’y échapper.

 

– Frères et sœurs Macédoniens, chers concitoyens dont la patrie est la République de Macédoine, j’ai eu la chance de naître en République de Macédoine et d’être scolarisé en langue macédonienne. Je ne pensais pas m’occuper de politique. Je tenais à exercer le métier que je connais, mais il semblerait qu’il soit impossible de l’éviter. Quand toutes les lignes sont franchies, et ne reste que la rouge-jaune, que faites-vous ? Vous venez ici, c’est pourquoi je suis ici devant vous, dit Shekutkovski.
Il a fait référence à la création de l’État macédonien et à son histoire difficile. – La Macédoine a été constituée en un État en 1944, parce qu’auparavant, on ne nous a pas donné l’autonomie en 1878[9], et en 1903[10] on a ignoré le soulèvement … Personne ne nous a rien donné, excepté une histoire tourmentée et de la souffrance. Si personne ne nous a rien donné, personne ne peut rien nous prendre, a-t-il souligné.

 

L’initiative citoyenne « Pour une Macédoine unie », ce soir, a aussi organisé des manifestations dans 30 autres villes en Macédoine.

 

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16eme jour, avec un chiffre record attendu :

150 000 citoyens de 31 villes manifesteront pour une Macédoine unitaire.[11]

 

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16ème jour, avec un chiffre record attendu : 150 000 citoyens[12], pour une Macédoine unie, dans les rues de 31 villes, manifesteront pour l’unification et la préservation de l’unité, pour un Etat multiethnique et non binational sur le chemin vers la fédéralisation et la destruction, recommande l’initiative citoyenne pour une « Macédoine unie ».

L’emploi du temps d’aujourd’hui :

  1. Скопје/Skopje – 17 часот/17h
    2. Прилеп/Prilep – 18 часот/18h
    3. Струмица/Strumica – 18 часот/18h
    4. Неготино/Negotino – 17 часот/17h
    5. Радовиш/Radoviš – 17 часот/17h
    6. Кавадарци/Kavadarci – 17 часот/17h
    7. Валандово/Valandovo – 18 часот/18h
    8. Гевгелија/Gevgelija – 18 часот/18h
    9. Ново Село/Novo Selo – 17 часот/17h
    10. Босилово/Bosilovo – 18 часот/18h
    11. Василево/Vasilevo – 18 часот/18h
    12. Битола/Bitola – 18 часот/18h
    13. Кичево/Kičevo – 18 часот/18h
    14. ОхридOhrid – 17 часот/17h
    15. Крушево/Kruševo – 17 часот/17h
    16. Ресен/Resen – 18.30 часот/18h
    17. Демир Хисар/Demir Hisar – 17 часот/17h
    18. Куманово/Kumanovo – 18 часот/18h
    19. Македонски Брод/Makedonski Brod – 18 часот/18h
    20. Свети Николе/Sveti Nikole – 18 часот/18h
    21. Берово/Berovo – 17 часот/17
    22. Пробиштип/Probištip – 18 часот/18h
    23. Велес/Veles – 17 часот/17h
    24. Кратово/Kratovo – 17 часот/17h
    25. Виница/Vinica – 18 часот/18h
    26. Македонска Каменица/Makedonska Kamenica – 17 часот/17h
    27. Штип/Štip – 18 часот/18h
    28. Крива Паланка/Kriva Palanka – 18 часот/18h
    29. Делчево/Delčevo – 17.30 часот/17h30
    30. Кочани/Kočani – 17 часот/17h
    31. Пехчево/Pehčevo – 17 часот/17h

 

 

[1] Titre et notes qui suivent sont de L’Intranquille. Texte traduit du macédonien.

[2] http://www.utrinski.mk/?ItemID=9CDB1D5B6B102047B5BAFBBE71A0FFDC

N°513.03.2017, 19:51/ ПРОТЕСТ НА ГРАЃАНСКА ИНИЦИЈАТИВА „ЗА ЗАЕДНИЧКА МАКЕДОНИЈА“ ВО СКОПЈЕ. Voir aussi http://vecer.mk/makedonija/zaev-saka-da-napravi-maska-i-na-mala-vrata-da-ja-protne-tiranskata-platforma,13 март 2017.

[3] C’est-à-dire pour une Macédoine plurilingue et non pour la discrimination des droits des autres populations : Roms, Turcs, Valaques, Serbes, Bosniaques, et tous les autres, considérés tous constitutionnellement « partie de peuple constitutif » de l’Etat.

[4] Plateforme élaborée par les partis politiques albanais, le Président du Kosovo et le Premier Ministre Rama d’Albanie, à Tirana, sous la carte de la Grande Albanie de Giacomo Cantelli,  en Albanie et rendue publique en Albanie. D’où son nom de Plateforme de Tirana.

[5] Zijadin Sela est maire de la ville de Struga, membre du parti DR-DPA de la coalition « Alliance pour les Albanais », et signataire de la coalition avec deux autres partis albanais BESA et DUI et avec le parti SDSM sur la base de la Plateforme de Tirana. Après le « non » du président de donner le mandat à cette coalition pour former le gouvernement, il a fait des déclarations négationnistes sur les Macédoniens, en déclarant qu’il y a déjà cent ans, les Macédoniens n’existaient pas, reprenant un discours déjà véhiculé lors des conflits aux Kosovo par des intellectuels albanais disant qu’un peuple non légitime, du fait de sa non-reconnaissance par la communauté internationale, ne peut discriminer un peuple qui lui est légitime.

[6] Mesila Doda est une député du Parlement albanais de la coalition de Edi Rama, parti PDIU. Elle a déclaré que si la Plateforme n’était pas respectée, elle appellerait Illyrida (c’est-à-dire la République de Macédoine, ainsi désignée par elle) à l’irrédentisme pour la création d’une Albanie qui contiendrait les 8 millions d’Albanais. Lors de la Constitution de la République de Macédoine, sur la base du référendum du 8.01.2017, les Albanais qui n’ont pas reconnu ce référendum ont appelé à un référendum des Albanais pour la création d’une République d’Illyrida. Lors de ce référendum unilatéral de la minorité albanaise du 11-12 janvier 1992, pour une autonomie politique et territoriale, les Albanais s’étaient prononcés à 74% en faveur, selon certains, à  90% selon d’autres. Les nationalistes albanais de la région de Struga envisageaient la création d’une « République autonome d’Yllirida ». Le lien entre ces événements et les déclarations de ces deux députés sont ici indéniable. Mesila Doda a proféré des propos de haine contre les Macédoniens qui, pour elle, n’existent pas. De même que n’existe ni la Macédoine, ni « FYROM ». Ces attaques contre les Macédoniens commencées avec Zijadin Sela se poursuivent avec ces déclarations de Doda. Dans les deux cas, il s’agit d’attaques violentes contre les Macédoniens venant de personnalités politiques albanaises ayant une responsabilité officielle dans chacun des Etats.

[7] Un texte est en cours pour expliquer la situation de la minorité macédonienne en Albanie. Le 15.02.2017, le Parlement européen à la demande de deux députés bulgares a fait voter une résolution sur la protection de la population minoritaire bulgare en Bulgarie. Or il n’existe pas de minorité bulgare en Albanie. Ce qui signifie que cette résolution non seulement introduit une nouvelle minorité en Albanie mais, du fait des régions concernées par cette résolution, efface une minorité existante : la minorité macédonienne. Il s’agit en réalité de renommer cette minorité macédonienne, minorité bulgare et de faire disparaître l’existence des Macédonien en Albanie. L’association macédonienne Ilinden en Albanie a immédiatement protesté et révélé la manœuvre ethnocidaire des députés bulgares.

« Parlement européen/2014-2019/ A8-0023/2017

24.insiste sur le fait que davantage d’efforts sont nécessaires pour protéger les droits de toutes les minorités en Albanie par la mise en œuvre intégrale de la législation en la matière; demande que les droits des personnes d’ethnie bulgare résidant dans les régions de Prespa, Golo Brdo et Gora soient garantis dans les textes et en pratique; »

 

[8] Il s’agit des couleurs du drapeau de la Macédoine : Soleil jaune sur fond rouge. Les manifestants ont réalisé des banderoles où apparaît un entrelacs du rouge et du jaune ne formant plus qu’une seule couleur : la couleur rouge-jaune, symbole de l’union des différentes parties constituantes de l’Etat.

[9] Il est fait référence au Traité de Berlin. Après les guerres russo-turque et serbo-turque, ce traité  donnait l’autonomie ou l’indépendance à plusieurs Etats, tels la Serbie, le Monténégro, la Roumanie, la Bulgarie  excepté à la Macédoine qui restait possession de l’Empire ottoman, malgré le grand engagement révolutionnaire des Macédoniens dans les luttes de libération. S’ensuivit le soulèvement de Kresna ou soulèvement macédonien qui fut réprimé dans le sang.

[10] L’insurrection de la Saint Elie, le 2 août 1903, qui a donné naissance à la première République démocratique des Balkans.

[11] Traduit du macédonien, http://vesti.mk/read/news/12347600/4299328/gore-glavata-izjasni-se-deka-si-makedonec-kampanja-na-md-ilinden-tirana/СКОПЈЕ 14.03.2017 14:41

[12] Sur une population d’un peu plus de 2 millions d’habitants.